Un client ne paie pas ou un fournisseur livre mal. Vous voulez arrêter votre propre prestation. Sous conditions, la suspension permet d’attendre l’exécution, mais un blocage excessif ou injustifié peut lui-même créer un conflit. Commencez par obligations exigibles, contrat et manquement précis. Un avocat en droit des sociétés peut déterminer ce que vous pouvez retenir et la lettre nécessaire face à un arrêt imminent ou une procédure urgente. Ce guide traite des contrats professionnels néerlandais ; il n’autorise pas généralement à neutraliser unilatéralement les contrats.
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1. Décrivez la prestation à suspendre
Placez côte à côte votre obligation et celle de l’autre partie. S’agit-il de paiement, livraison, accès ou remise d’un bien ? Notez montant, date et cocontractant. Identifiez ce qui est déjà exécuté et ce qui reste. Dire globalement que la collaboration fonctionne mal ne suffit pas à choisir le bon moyen juridique.
Réunissez contrat, confirmation de commande, conditions et modifications. Précisez l’obligation selon vous inexécutée et les éléments fondant ce constat. Une facture pas encore payable diffère d’un arriéré exigible. Fournissez aussi les échanges où vous avez accordé report ou réparation : ils peuvent avoir modifié l’ordre des prestations.
2. Examinez le lien et la voie légale adaptée
L’article 6:52 BW rattache notamment la suspension à une créance exigible et un lien suffisant avec votre propre obligation. L’analyse est concrète. Une décision de la Cour suprême sur ce lien montre l’importance de la relation factuelle. Le simple fait que deux entreprises se connaissent ne rattache pas toutes leurs obligations au même différend.
Pour les contrats synallagmatiques, l’article 6:262 BW peut aussi intervenir. Demandez le régime adapté et les conditions à examiner. Un client peut invoquer un petit problème d’une ancienne mission alors que vous demandez paiement d’une autre prestation. Faites apprécier ce lien contractuel plutôt que bloquer immédiatement toutes les prestations réciproques.
3. Faites apprécier la proportion entre suspension et manquement
En cas d’exécution partielle ou défectueuse, l’étendue de la suspension doit être justifiée par le manquement. Le tribunal de La Haye examine cette proportionnalité dans un litige de paiement. Un petit poste de réparation ne répond donc pas spontanément à la question de la rétention de tout le prix. Demandez quelle prestation est nécessaire et défendable comme moyen de pression.
Dressez un relevé de valeur contestée, réparation possible et sommes incontestées. Étayez les chiffres par devis, rapports ou accords. Une estimation doit rester identifiable comme telle. Examinez aussi les conséquences du blocage pour les deux entreprises. L’arrêt de l’activité ne rend pas automatiquement votre suspension correcte, mais peut compter pour le risque et l’urgence.
4. Vérifiez conditions et accords antérieurs
Cherchez dans les conditions applicables les clauses de suspension, réclamation et paiement. Vérifiez leur acceptation effective et la priorité d’accords particuliers. La formulation peut compter. Une interdiction générale dans un document et une retenue convenue ensuite par courriel nécessitent une lecture commune, pas le choix isolé de la phrase favorable.
Notez les accords postérieurs au problème : visite de réparation, paiement partiel, sûreté supplémentaire ou nouvelle date de livraison. Une solution commerciale temporaire n’emporte pas nécessairement renonciation, mais les pièces doivent le montrer. Montrez aussi les messages défavorables au conseil. Sans contexte, une lettre peut invoquer à tort une obligation déjà réaménagée.
5. Exprimez clairement votre suspension et gardez les preuves
Décrivez professionnellement l’obligation suspendue, le manquement précis et l’acte attendu de l’autre partie. Si les enjeux sont importants, faites vérifier juridiquement la formulation. Une annonce colérique que plus rien ne sera fait laisse incertain s’il s’agit de suspension, résiliation ou résolution. Ces actes ont des effets différents.
Conservez lettre, annexes et données de réception. Indiquez l’information ou la solution attendue et comment rester joignable. Une invitation pratique raisonnable à enquêter ne reconnaît pas toute la contre-créance. Demandez les réserves nécessaires à l’avocat. Veillez à ce que personnel et comptabilité suivent la même ligne et ne fassent pas parallèlement des promesses contradictoires.
6. Distinguez difficulté anticipée et arriéré existant
Vous devez parfois livrer d’abord, mais recevez des signes que l’autre partie n’exécutera pas ensuite. L’article 6:263 BW prévoit un cadre propre. Le tribunal de La Haye rappelle que, même dans cette incertitude, l’intervention doit rester proportionnée. Une rumeur de difficultés financières ne prouve pas automatiquement le droit d’arrêter toute livraison.
Réunissez indices et dates précis : déclaration de trésorerie, paiement refusé ou demande d’un autre crédit. Demandez les garanties proposées et ce que prévoit le contrat. Faites apprécier le fondement particulier avant de manquer une prestation prévue. Ce guide n’assimile pas une baisse générale du chiffre d’affaires ou un nombre de relances à une raison suffisante de suspendre.
7. Exemple fictif : une livraison défectueuse, cinq factures ouvertes
Un acheteur reçoit cinq livraisons et signale un défaut sur une seule. Il retient toutes les factures et réclame une indemnité non chiffrée. Le fournisseur menace à son tour d’arrêter toutes les commandes suivantes. Cet exemple fictif ne juge ni la qualité des biens ni une obligation précise de paiement.
On distingue d’abord livraisons, contrats et réclamations, puis examine lien et proportion. Les parties peuvent aussi convenir temporairement de payer la part incontestée pendant l’enquête sur le défaut. L’accord doit préciser ce qui reste ouvert. Il ne prouve pas automatiquement la validité de toute suspension antérieure ni une garantie illimitée des livraisons futures.
8. Préparez le conseil et un éventuel litige urgent
Apportez chronologie, contrats et relevé des prestations arrêtées. Indiquez prochaine livraison, échéance de paiement ou date judiciaire reçue. Demandez ce qu’il faut faire immédiatement pour éviter aggravation du dommage ou position ambiguë. L’avocat peut examiner le fondement juridique ; un expert technique peut être nécessaire pour établir le défaut allégué.
Convenez de qui contacte l’autre partie et de la réévaluation de la mesure. Suspendre ne justifie pas de laisser indéfiniment le dossier inactif. Conservez les preuves nécessaires et faites examiner toute nouvelle proposition. Cette préparation ne garantit pas un droit de refuser paiement ou livraison ; elle rend la démarche vérifiable et le risque restant visible.
Questions fréquentes
Suspension et résolution sont-elles identiques ?
Non. La suspension concerne l’inexécution temporaire ; la résolution a un autre objectif et ses conditions propres. Faites déterminer l’acte nécessaire.
Puis-je retenir toute la facture au moindre défaut ?
Cela n’en découle pas. Il faut apprécier concrètement le lien et l’étendue justifiée par le manquement.
Puis-je arrêter par crainte que le client ne paie pas ?
L’article 6:263 BW peut intervenir, mais circonstances concrètes et contrat doivent être examinés. Un soupçon seul ne donne pas d’autorisation générale.
Sources
Ces sources concernent cette page. Pour votre dossier, vérifiez les règles en vigueur et vos documents.
- Hoge Raad — ECLI:NL:HR:2013:BZ8362 Consulté le: 2026-10-23
- Rechtbank Den Haag — ECLI:NL:RBDHA:2024:5456 Consulté le: 2026-10-23
Vérification juridique
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Rédaction Droit des sociétés aux Pays-Bas
Nous relions les explications aux sources et consignons les modifications ciblées. Une vérification juridique n’est attribuée qu’à la version effectivement examinée, avec un véritable réviseur, une date et un périmètre. La vérification humaine de ces articles reste à effectuer.

Ricardo van der Spoel
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